De Montréal à BRKLN : Le Red Hook Criterium


De MTL à BRKLN : le Red Hook Criterium

Fin de l’hiver, il neige toujours, puis un matin j’ouvre mon Facebook de « fille engagée dans la communauté fixed gear» et c’est le Jour J : tout le monde annonce son inscription officielle au Red Hook Critérium de Brooklyn à la fin avril, LE plus gros et plus populaire crit de vélo fixed gear en Amérique du Nord!  C’est comme un torrent sur les réseaux sociaux et ça rappelle que le vélo dans la slush, avec des bottes et des mitaines, ça achève! Yeah! On se prépare à ressortir nos beaux vélos, nos petits pneus, nos jerseys manches courtes et à travailler sur nos tan lines de cyclistes.

Suit une période florissante de statistiques sur Strava : tout le monde s’entraîne pour être au sommet de sa forme dans à peine quelques semaines. Retour au gym, rollers, trainer, spinning, course à pied, chacun à sa façon fait de gros sacrifices parce qu’un critérium de fixed gear est très technique, et l’entraînement exigeant. En plus, pour les coureurs cyclistes en hibernation de Montréal, c’est souvent la première course de bike de la saison alors tu perds pas mal de tes amis pour tes tournées de bières…

« Vas-tu à New-York? »

C’est LA question que tu poses à tous tes bike-friends que tu croises dès le début du mois d’avril. Généralement, la réponse est oui! Ça fait déjà plusieurs années que Montréal est bien représenté au RHC à Brooklyn, par des équipes, des coureurs indépendants, et de plus en plus des spectateurs. Avec le temps, je remarque une certaine fierté partagée, de tout le crew montréalais de débarquer en aussi grand nombre à une course aussi grosse. Ne serait-ce que dans les 3 dernières années où j’ai été, l’évolution de la course (plus de participation féminine, taux de participation toujours en montée, arrivée d’équipes pros sur le terrain) et la plus forte présence montréalaise se fait sentir. Tu entends de plus en plus de français sur le site de l’événement le jour de la course. Props Montréal! Il faut aussi souligner qu’on a notre historique de coureurs qui se sont distingués lors du RHC et qui ont été signés par de grosses équipes internationales. (ex: Josh Tyrell avec State Bicycle Co. , Christian Trenchev avec Dosnoventa puis State Bicycle Co. et cette année Raphaele Lemieux de IBike qui s’est classée 4ème chez les femmes! Woot Woot!)

Là-bas, on en profite pour visiter les bike shops incontournables de Brooklyn (King Kog et R&A Cycles) et de New-York (la boutique Chrome, Larry’s cycles, le Café Rapha). Même en tant que touriste, on retrouve cette même familiarité dans les bike shops de là-bas, comme si Home is where your cycling passion is. La culture du fixed gear y est plus grande, plus répandue, et plus solide surtout.

Brooklyn KING KOG

Si on aime le moindrement l’adrénaline, aller jouer dans le trafic de Manhattan est non négociable. Autant c’est plus free for all qu’à Montréal, autant tous les obstacles (piétons, vélos à contre-sens, taxis, bus, touristes, et toute autre surprise ambulante) s’organisent tel un géant jeu de Tétris. Et dans tous les cas, on prend le temps de profiter du printemps déjà bien installé, chiller dans les parcs où les arbres sont en fleurs et sur le bord de l’eau, manger de la crème glacée et prendre des coups de soleil.  

Les jours avant la course, tu peux voir des grosses équipes comme Canyon et Specialized s’entraîner, faire des boucles et des intervalles dans Prospect Park (l’équivalent en plus gros du parc Lafontaine de Brooklyn). Souvent suivies par leur équipe vidéo, c’est impressionnant de voir des équipes de fixed gear avec autant de budget. Aussi, quand tu croises dans la rue quelqu’un qui a un moindrement beau vélo, se passe un espèce de eye contact où tu sais très bien que tu croiseras à nouveau cette personne le samedi à la course.

Le line up d’activités du RHC comprend chaque année un pré-party et un after party (ouvert à tous, mais toujours complet), et même lors de la journée de la course, l’emphase est beaucoup mise sur l’aspect social d’une journée de crit. Ce qui a commencé, 10 ans plus tôt, comme une course/party d’anniversaire pour le fondateur Dave Trimble, n’a pas perdu son essence festive en devenant une série de compétitions à l’échelle mondiale.

C’est unanime chez tous les coureurs rencontrés, ce qui amène autant de gens à vouloir absolument faire le Red Hook Crit c’est l’ambiance funny et festive de l’événement. Mais qu’est-ce qui crée cette ambiance si spéciale ?

Tellement de choses.

Une foule hétéroclite qui partage une même passion pour le cyclisme fixed gear. La renommée d’un événement qui en est à une dixième édition. Un lieu magique: la vue sur le skyline de Manhattan est vraiment à couper le souffle. Des équipes pros et amatrices de partout dans le monde. Une forte présence féminine dans les compétitions. Des goodies offerts au public et la boutique souvenir du RHC qui propose toujours des designs audacieux. Un parcours de course super technique, et des endroits stratégiques pour les spectateurs. Le fixed gear y est présenté comme un divertissement en soi, pas besoin de connaître la discipline de fond en comble pour y prendre plaisir. Et finalement, des organisateurs passionnés qui mènent leur projet avec beaucoup de plaisir. Ça fait toute la différence!

Avant toute chose, une inspection mécanique se fait sur tous les vélos, afin de réduire le plus possible les risques d’accident. Ensuite il y a les qualifications, qui servent à savoir qui fera la course chez les hommes, et à déterminer la position au départ autant chez les hommes que les femmes. Ça se fait en petits groupes et ça sert déjà à filtrer ceux qui ne roulent pas assez vite, ceux qui n’ont pas trop d’expérience et ceux qui ne contrôlent pas assez bien leur vélo. Tout ça se passe l’après-midi. On y va surtout pour encourager nos amis et prendre ça cool au soleil en buvant quelques bières et en découvrant des food trucks locaux.

Crédit Photo: Facebook Marie Vallieres.

Et puis, il y a les courses. L’événement principal. Les moments où tu vois passer les coureurs tellement vite sur le parcours qu’ils te paraissent flous. Où tu retiens ton souffle quand un crash arrive et que les organisateurs sortent leurs drapeaux d’urgence. Où tu cris et agites ta clochette pour des racers dont tu ne connais même pas l’équipe. Où tu peines à avoir du réseau cellulaire parce que tout le monde bombarde les réseaux sociaux de photos et de stories. Où tu analyses les stratégies de course individuelles et d’équipe dans les différents pelotons qui se forment. Où tu admires toutes ces personnes qui dédient visiblement une grande partie de leur vie au fixed gear, ce à quoi tu t’identifies aussi.   

Crédit Photo: Facebook Marie Vallieres.

Envie de suivre l’actualité sur d’autres critériums ? FixedGearCrit is a must.

Déçu de ne pas y avoir été? Voici des beaux reviews du RHC Brooklyn 2017 par Manual For Speed & Mash.

Tu penses que racer le RHC est intense ? Vois Kym ajouter un 5k de course à pied à sa journée au RedHook de Brooklyn!